Emmener son clavier en festival : ce qu’il faut prévoir

écrit par Nicolas Forget | 2min de temps de lecture |

Les festivals ne sont pas fréquentés que par des spectateurs. Il y a aussi les tremplins, les scènes ouvertes de fin d’après-midi, et les jams qui se montent au camping vers minuit sans que personne ne les ait vraiment décidées. Beaucoup de musiciens amateurs viennent avec leur instrument.

Pour un guitariste, la question ne se pose pas. Pour un claviériste, c’est une autre affaire. Il faut du courant, une surface plane, de la place, et transporter entre 5 et 20 kilos de matériel sur un terrain qui est souvent un champ. Résultat : beaucoup renoncent et laissent le clavier à la maison.

C’est dommage parce que le matériel actuel se prête beaucoup mieux à l’exercice qu’il y a dix ans. Encore faut-il faire les bons choix avant de partir.

Combien de touches embarquer ?

C’est la décision qui commande tout le reste : le poids, le sac, le stand, et parfois le fait de venir en voiture ou pas.

Un 61 touches reste le format le plus adapté. Un Casio CT-S1 ou un Yamaha PSR-E373 tournent autour de 4,5 kilos, ce qui se porte à bout de bras sur un parking éloigné sans y penser. Vous jouez à deux mains, vous avez de quoi accompagner, et l’instrument rentre dans un gigbag souple.

Au-dessus, on passe dans une autre catégorie. Un piano portable 88 touches à toucher lesté, type Yamaha P-145 ou Roland FP-30X, pèse entre 11 et 15 kilos, sans compter le stand et l’étui. Sur une vraie scène, avec quelqu’un pour vous aider à décharger, ça se justifie. Pour une jam au camping, non.

Entre les deux, le 73/76 touches est un format qu’on voit revenir chez les musiciens de scène. Vous gardez l’essentiel de l’étendue sans le poids du 88.

Le toucher joue aussi. Un semi-lesté vous donne des sensations correctes pour un poids raisonnable. Un lesté complet, avec un marteau dans chaque touche, c’est du confort de jeu payé en kilos. Si vous n’avez pas encore d’instrument et que la scène fait partie de vos projets, le site lepetitpianiste.com détaille les modèles pensés pour ça.

Le problème de l’alimentation !

C’est là que la plupart des sets tombent à l’eau, et rarement pour de bonnes raisons.

Premier point, regardez si votre clavier accepte des piles. Beaucoup de 61 touches fonctionnent sur 6 piles AA et tiennent plusieurs heures. Au camping, à cent mètres de la première prise, c’est ce qui fait la différence entre jouer et regarder les autres jouer. Prenez des alcalines neuves, pas des piles qui traînaient dans un tiroir.

Deuxième point, votre bloc secteur. Les alimentations de clavier ne sont pas standardisées : Yamaha travaille souvent en 12 V, Roland en 9 V, et la polarité varie selon les marques. Autrement dit, si vous perdez la vôtre sur place, personne ne vous en prêtera une qui marche. Un bloc de rechange coûte une vingtaine d’euros et vous évite de rentrer chez vous en ayant joué zéro note.

Troisième point, la rallonge. Sur une scène ouverte, la prise disponible n’est jamais là où on vous demande de vous installer. Cinq mètres suffisent la plupart du temps. Une petite multiprise en plus, et vous alimentez aussi la pédale et le pupitre lumineux.

Le reste du temps, pour le téléphone, l’accordeur ou un enregistreur, c’est une [batterie externe](https://festivalnamastefrance.fr/accessoires-festivals/?4508462=26) qui prend le relais. Sur trois jours, comptez large : 20 000 mAh ne sont pas du luxe si vous filmez aussi vos passages.

Ce qui abîme un clavier en plein champ

L’humidité nocturne d’abord. Il n’y a pas besoin de pluie : la rosée du matin suffit à faire des dégâts sur un instrument laissé sous une simple bâche. La housse fermée, et si possible dans la tente ou dans la voiture.

La poussière ensuite. Elle passe sous les touches et dans les potentiomètres, et ça se traduit par des craquements ou une touche qui reste enfoncée. Là encore, une housse en nylon règle presque tout le problème, à condition de la fermer entre deux morceaux et pas seulement le soir.

Le soleil direct enfin, qu’on sous-estime souvent. Un écran LCD qui chauffe pendant deux heures devient illisible, et l’électronique n’apprécie pas les 45 °C sous une bâche noire. Cherchez de l’ombre, ou tendez quelque chose au-dessus.

Pour le transport, un gigbag rembourré fait le travail sur un 61 touches. Au-delà, mieux vaut un étui semi-rigide. Et rangez vos câbles et vos petits accessoires dans une [sacoche à part](https://festivalnamastefrance.fr/accessoires-festivals/?4508462=34) : mélangés à l’instrument dans la même housse, ils finissent par disparaître.

Liste des choses à prévoir

À recopier dans le téléphone avant de partir :

– Le clavier et sa housse
– Le bloc secteur, plus un de rechange (ou un jeu de piles AA neuves)
– Rallonge 5 m et multiprise
– Un stand en X ou en Z, réglable
– Deux câbles jack 6,35 mm, dont un de secours
– Un adaptateur 3,5 vers 6,35 mm
– La pédale de sustain, avec sa vis de blocage
– Un casque filaire pour répéter sans faire fuir les voisins de tente
– Une lampe frontale ou un clip lumineux
– Du gaffer
– Une planchette ou un bout de contreplaqué à glisser sous les pieds du stand

Le contreplaqué a l’air ridicule sur une liste de matériel. Un stand qui s’enfonce dans l’herbe au milieu d’un morceau, beaucoup moins.

Cinq minutes pour se préparer, pas plus

Sur une scène ouverte, c’est ce que vous aurez. Arrivez en sachant sur quel son vous démarrez et à quel niveau de sortie vous jouez d’habitude. Chercher un preset devant un public qui attend, c’est long.

Baissez toujours le volume avant de brancher le jack. Un câble inséré sur un ampli ouvert produit un claquement désagréable, et dans le pire des cas ça abîme le haut-parleur.

Et écrivez votre nom sur le bloc secteur. Dans une backline partagée par six groupes, les alimentations noires identiques changent de propriétaire toutes seules.

Et si le festival vous donne envie de vous y mettre

Il y a aussi ceux qui rentrent avec autre chose en tête : le son du Rhodes entendu en fin de journée, l’envie de savoir enfin plaquer trois accords correctement. Ce n’est pas la pire façon de finir un été.

Dans ce cas, pas besoin de viser un instrument de scène. Un 61 touches semi-lesté suffit pour les premiers mois et vous laisse le temps de voir si l’envie tient. Ce qui compte, c’est de prendre un instrument que vous aurez envie de rallumer le lendemain matin.

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